
Sur la Route La Meute prend la route |
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| | Auteur | Message |
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Lodz

Nombre de messages: 18 Titre: Conteur Clan: Lasombra Date d'inscription: 05/05/2007
 | Sujet: [Prologue] 3/3 Ven 18 Mai - 9:20 | |
| Teaser n°1Un grillage au milieu d'un champ de cailloux. Interminable, déchiré par les vents et la rouille. Sur les restes de barbelés crissant contre les piliers d'aluminium, quelques touffes de fourrure décolorée, couleur sable, sans couleur, sans vie. A quelques mètres de là, un panneau criblé de trous de plomb et de rouille laisse deviner un antique "No Trespassing", dont la couleur rouge et noire n'est plus qu'un souvenir vieux de plusieurs dizaines d'années. Il ne reste rien que le vent, et le sable, inlassablement.Tous perdus... tous perdus... tous perdus... tous perdus... tous perdus... Seule au milieu du néant, comme un accident minéral, au pied d'un monticule de terre ocre, une silhouette dans un renfoncement, tremblant comme un animal blessé.Perdus... ils sont où... non, seul... tous et seul, non, seul... tous ils sont, tous oui... tous, ils sont tous... tous... vous êtes tous... seul, seul oui, non... La silhouette couverte de haillons sombres tressautait au sol, comme une araignée agonisante. Repliée sur elle même, elle tenait d'une main un moignon sanguinolent, contenant difficilement le flot de sang noir qui s'en échappait, petit à petit recouvert de dizaines de grains de sable volant venant s'amalgamer autour d'un morceau d'os saillant, à la racine de l'épaule. Doucement, la lumière devenait plus rasante, et l'ombre se creusait dans la mince cavité pierreuse.... perdus tous ... trouver plus, trouver d'autres oui... perdus tous ... mais d'autres ailleurs... d'autres oui ... trouver d'autres... Les derniers rayons de soleil noyés dans la mer de pierre, les tremblements de la silhouette se calmèrent... Le crépuscule éteint, le vent tombé, le silence retrouvé... de longs instants s'écoulèrent, immobiles, muets. De longs instants sans un mouvement. Quelques minutes, peut-être quelques heures plus tard, un fragment de lune rougeâtre déjà haut dans le ciel, un léger éboulement, quelques pierres roulèrent hors de la cavité. L'ombre s'avança, presque imperceptible au sombre clair de lune... d'abord timidement, puis les pas devinrent plus rapides. Chaotiques, boiteux, la silhouette courbée, recouverte d'une sorte de large toile trouée, s'avança dans le désert. Se redressant un instant, un crâne chauve, brillant, guettait le moindre bruit, le moindre mouvement dans l'obscurité.pas perdu, non .... pas perdu... ils sont là, par là oui... les retrouver tous, tous par là... pas tout seul non... pas tout seul... La silhouette se remit à courir à découvert, trainant la jambe, un bras balant dans la couverture qui lui couvrait le dos, laissant apercevoir, sur l'autre épaule, l'ombre furtive de quelques doigts se dépliant. Au loin, un coyote se mit à hurler...to be continued...
Dernière édition par le Jeu 28 Juin - 16:15, édité 4 fois |
|  | | Lodz

Nombre de messages: 18 Titre: Conteur Clan: Lasombra Date d'inscription: 05/05/2007
 | Sujet: Re: [Prologue] 3/3 Sam 19 Mai - 19:10 | |
| Teaser n°2Quelque part, sur le bord d'une route ravinée par les intempéries, sous l'auvent de béton d'une ancienne station service délabrée... Quatre ombres dans les phares de deux voitures raffistolées, une ancienne Pontiac au capot jaune peint d'un symbole "Biohazard", et une vieille Chevy sport noire et rouge aux pneus si larges qu'on les dirait volés sur un trois tonnes. Une musique criarde, mi-électro, mi-hurlée, saturée d'infrabasses, sort des vitres ouvertes de la cabriolet. Assise sur la portière, les cuisses à l'intérieur de la voiture, une blonde décolorée, grimmée comme un lendemain de carnaval, se pince une narine du bout de ses ongles rouges vif, basculant la tête en arrière dans une sorte de râle de coït.- Herb, c'est vraiment de la daube ta came. Je vais encore pisser le sang demain à l'institut à cause de ta merde. L'une des ombres, voutée sur le capot, relève la tête dans un long mouvement d'inspiration.- Ferme ta gueule Debra... Si elle te plait pas, vient la sniffer sur ma queue, au moins t'auras de quoi t'amuser... Gloussements autour de la voiture. Majeur impeccablement verni dressé en l'air. Nouvelles lignes de C. Debra jette un petit tube chromé dans son sac sur le siège et fait glisser ses jambes à l'extérieur de la voiture, révélant deux escarpins argentés sur des collants résille rouge et rose. D'un léger coup de bassin elle ajuste sa jupe en jean sombre et déchiré, et s'essuie le nez du revers de la main d'un geste assez peu élégant. Elle rajuste son serre-tête sixties...- Vous pouvez pas changer cette musique de mer... Debra se fige. Une ombre plus rapide, elle foutrait sa putain de main à couper qu'un truc est passé tout près d'elle... comme un courant d'air.- Merde les mecs... vous avez vu ça ? Aucune réaction. Quelques rires. L'un d'eux s'est laissé glisser contre l'aile de la voiture et rit dans le vide. Infrabasses qui montent dans le ventre, et la peur aussi.- Herb, connard... Réponds moi... ! Herb se retourne, le pantalon ouvert, dévoilant un pénis poilu et mat en semi érection- Hey chérie... tu veux encore de la coke... Les ombres dansent sur son visage, putain de dope, et cette ombre large et vaste qui se répand sur son t-shirt.... Plus de mots, plus que la musique qui cogne les bords du crâne et le rouge qui recouvre le t-shirt dégueulasse d'Herb, mais Deb ne peut pas bouger d'un centimètre, cette ombre derrière Herb, qu'elle ne distingue presque pas... Herb livide, la bite à l'air, plus aucune expression et le sang qui coule partout sur son cou et sur son torse... Dan par terre ne bouge déjà plus, et Gabe au sol aussi, avec un autre animal collé sur lui qui grogne en faisant ces bruits de succion, qui saute partout comme un chien autour d'un feu. Debra est paralysée. Un pas en arrière... sans bouger, presque pas bouger, ne pas trop respirer pour ne pas les attirer... Un pas encore vers la Chevy, tout doucement, et les mains qui tremblent à bloc, putain de dope de merde, putain de putain de bordel de merde, un pas encore... Une voix qui monte à l'endroit où repose le corps de Dan...- Putain de junkies de merde... pas foutu de se doper avec un truc décent... ça pue la phénacétine à 8000 bornes ! La créature crache par terre un énorme glaviot de sang et donne un violent coup de pied dans la tête de Dan qui craque comme une carapace d'insecte. Puis Herb tombe. Comme s'il était tout mou. Il tombe par terre. Derrière, il y a un type avec du sang plein la gueule. Il se lèche les lèvres. Il est asiat... un truc comme ça. Un putain de sataniste cinglé. Un pas encore. La vitre ouverte, le sac sur le siège avec la bombe lacrymo dedans... putain de cinglés de merde. L'autre malade qui s'approche en regardant Deb d'un air... pire que le viol, pire que la torture, pire que les pires trucs qu'on lui a jamais fait, le même regard que son putain de beau père quand il lui foutait l'aspirateur dans la chatte à 8 ans pour la punir quand il avait picolé... putain d'enculés de pervers de merde... Elle se penche un tout petit peu, dos à la voiture, la main dans son sac... la bombe lacrymo dans ce bordel... un truc dur et rond c'est ça... et sa lime à ongle juste à côté... elle va lui planter dans l'oeil à ce fils de bâtard s'il pose la main sur elle...- Laisse tomber la pouffe Cass... on va bouffer au Club, eux au moins ils ont du fric pour se défoncer... - Vas-y, je te rejoins, j'ai bien envie de me la lécher cette petite pute... Qu'il vienne ce salaud... Incapable de prononcer un mot, Debra serre de ses mains trempées sa petite bombe cachée dans son dos. Il approche... son coeur bat à tout rompre... elle est comme paralysée... elle n'arrive pas à se résoudre à lui faire du mal à ce batard...
Il est sur elle. Il tend sa main et enlève une mèche de cheveux de sa joue... Elle lâche ses armes ridicules sur le siège. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle ne veut pas le blesser... ça doit être sa beauté... ce mec est une putain de bombe... bordel mais pourquoi elle a peur comme ça...
Il passe la main le long de son cou, puis découvre son épaule... il frôle son sein...
Debra pousse un petit gémissement... ce batard... non... elle sent la chaleur qui monte de sa chatte, ses seins qui durcissent... putain de batard... il la fait mouiller juste en lui touchant les nibards...
Un coup de feu. L'asiat tourne la tête.- Achim ? Qu'est-ce que tu fous ? Un nouveau coup de feu. Une giclée tiède partout sur le visage, du sang dans la bouche. Debra hurle. Des morceaux coulent sur son front, sur ses joues, elle est aveuglée par le sang qui lui brule les yeux. En face d'elle, un corps sans tête qui s'affaisse comme une merde molle. Debra crie. Elle hurle. Elle ne peut pas s'arrêter. Elle hurle encore. Elle est trempée du sang de ce fils de pute. Elle s'essuie nerveusement le visage et dégueule une fois. Elle tombe à genou puis dégueule encore une fois. Elle arrive pas à s'arrêter de gerber. Elle chiale et elle gerbe. Et entre deux sanglots, elle entend des pas. Comme des chaussures ferrées, un truc avec du fer qui claque sur le bitume. Elle chiale tellement fort qu'elle croit qu'elle va en crever.- Ssivouplésssivouplésssivouplé... C'est tout ce qu'elle arrive à sortir en bavant. Deux vieilles godasses en cuir usé... Sous ses yeux. Elle arrive à peine à respirer tellement elle flippe. Elle lève la tête. Elle voit rien du tout, pas de visage complètement caché par l'ombre d'un chapeau. Et puis le canon d'un flingue.
Le coup de feu, elle ne l'entend pas. Son crâne est répandu sur le capot de la Chevy. Plus de Deb. Plus personne.
Que des pas metalliques sur le bitume, qu'on distingue par dessus les infrabasses. Un nouveau coup de feu. Plus de musique. Juste des pas....to be continued... |
|  | | Lodz

Nombre de messages: 18 Titre: Conteur Clan: Lasombra Date d'inscription: 05/05/2007
 | Sujet: Re: [Prologue] 3/3 Jeu 28 Juin - 16:13 | |
| Teaser n°3Kingston, état de New York, août 1969 - Putains de hippies ! - Oué, putain de saloperie de hippies... Sur la route 87 à la sortie de Kingston, c'était le défilé incessant des caravanes, des vieilles Pontiac décorées de fleurs peintes, une marée continue de cheveux longs et de couleurs pastel, une diaspora de paix et d'amour aux effluves de chanvre et de patchouli. Sur le bord de la route, deux vagabonds, voutés. L'un porte un vieux jean pattes d'eph couvert de boue. Sur son t-shirt aux manches déchirées, la terre et de sang recouvrent le batik dont les couleurs ont fondu dans le marron et le noir. L'autre, courbé en deux, vomit à flot continu un liquide rouge sombre et malodorant, en poussant d'interminables râles à chaque respiration.- Allez Greg, putain relève toi... faut qu'on continue... Nouveau gémissement. Greg se redresse, s'essuie la bouche du revers de la main et crache au sol. Quelques pas hésitants, il s'appuie d'une main sur l'épaule de l'homme à ses côtés, le visage dissimulé par de longs cheveux blonds et sales. Eclairés par intermittence par les rais jaunes sableux des phares, les deux silhouettes restent quelques instants, hagardes, la respiration lourde. Le blond, assis sur un méchant sac déchiré de toutes parts, lève la tête vers son camarade. Ses joues sont creuses, ses yeux cernés et injectés de sang, ses pupilles complètement noires, deux billes d'obsidienne serties de rubis.- Tu vas mieux ? - *mmh* - Aide moi Greg attrape le blond par l'épaule et dans un effort manifeste, mal équilibré, l'aide à se redresser. Pendant un instant, les deux hommes se soutiennent mutuellement pour ne pas retomber. Puis au bout de quelques secondes :- Allez, on va le trouver cet enculé - Ecoute Adam, je peux plus... je peux plus en bouffer un seul de ces satanés fils de putes. Trois jours... six jours qu'ils sont tous shootés... je peux plus en bouffer un seul... j'ai plus la force Adam... - Putain Greg, mais putain... Lodz a dit que... - Mais je l'emmerde cet enculé d'aveugle de merde ! Qu'il vienne lui se taper des tox pour le trouver son putain de tatoué. Qu'il vienne bouffer du LSD 30 fois par jour, de l'opium, de la datura, de l'héro, des champis et du peyotl ce putain d'enculé de sa mère. Tu sais ce qui l'amuse ? Il adore ça nous transformer en serpillères... nous voir complètement stone, incapables de bouger, nous étriper les uns les autres... c'est ça son kiff... nous défoncer au maximum pour garder le pouvoir... voilà ce que c'est ton putain de Sire, Adam... un enculé d'Infernaliste sadique qui veut nous voir nous entre-bouffer sous dope ! Tendu comme la corde d'un arc, le visage strié de veines face au ciel, les crocs dehors comme pour hurler à la face de Dieu :- Putain mais viens le chercher toi-même ton putain de tatoué espèce de vieux fils de pute ! Un fourgon Wolksvagen rose criant du Janis Joplin passa en trombe, laissant sur la route un fil tremblotant de lumières rouges et une vague odeur de shit.- T'as un problème avec les tatoués, mec ? Greg et Adam, hagards, tournèrent ensemble d'un air ahuri la tête vers la voix. Un homme torse nu, habillé d'un simple pantalon de cuir noir, les toisait d'un air agressif. Son torse, musclé, sec, était couvert de tatouages se recouvrant les uns les autres. Des serpents bleu sombre pénétrant des fleurs rouge sang, perlant sur des visages éplorés aux larmes noires sur une mer aux reflets verts. Le regard des deux vampires se fixa d'un même mouvement sur les motifs colorés et charnels qui s'étendaient du cou de l'inconnu jusqu'à la pointe de ses doigts.- Alors les zombis... un problème avec les tatouages ? Vous voulez qu'on en discute ? L'homme fit jouer sa musculature, plus solide qu'il n'y paraissait au premier abord. Il fit craquer ses doigts et avança de quelques pas, alors que Greg et Adam restaient interdits. Dans le cône de lumière des phares d'une nouvelle voiture, les tatouages, les ombres se déplaçaient. Le serpent coulait le long d'un bras, alors qu'une dague plantée dans le coeur semblait saigner sur le front d'une vierge, quelques centimètres plus bas.- Putain Greg... les tatouages... cet enculé, regarde. Greg ne bougeait pas. Ses yeux défoncés étaient rivés sur les dessins qui ne cessaient d'évoluer sur le corps de l'inconnu. La bouche ouverte, le visage éteint, Greg était complètement figé. L'homme s'approcha encore d'un pas en faisant craquer son autre main. L'ombre de son crâne rasé, de ses trapèzes bandés, de ses épaules musculeuses recouvrait maintenant Adam, paralysé. L'inconnu leva le bras, tel une ombre chinoise découpée par les phares. Un craquement dans l'épaule, armée comme un fusil prêt à tirer. Choc.
Adam vola à plusieurs mètres derrière, sans avoir même esquissé l'ombre d'une réaction. Il gisait dans une position grotesque, allongé dans un champ, plusieurs dizaines des mètres au loin. Immobile. Cassé. L'ombre se retourna vers Greg, qui avait lentement suivi de la tête la course dans les airs de son ami. Il ne semblait pas pouvoir faire grand chose de plus. Il retourna la tête vers l'homme, le regard éteint, constatant que les tatouages ornaient même ses joues et son front, toujours mouvant sur un visage dur, coupé au couteau. A nouveau, l'homme arma son bras.- Les tatouages... Le coup part.- ARRETE !Le poing s'immobilise à un centimètre du visage de Greg. Greg se redresse et s'écarte d'un pas. Le poing de l'inconnu reste suspendu dans l'air, tremblant.- FRAPPE TOI !Avec la même énergie, l'homme se porte un coup d'une violence inouie en plein visage. Craquements. Il tombe au sol en convulsant.
Greg approche d'un pas lent, assuré, et commence à tourner autour de lui à la manière d'un prédateur. Il se penche, doucement, et frôle de ses doigts le torse de l'homme, suivant un moment les mouvements de ses tatouages, retirant soudain la main, contemplant le corps, épileptique, cloué par de pulsions nerveuses vraisemblablement causées par d'importants dégats au cerveau. Et d'une voix claire, posée, d'une téciture plus grave, avec un léger accent étranger :- Te voilà ma fresque, ma belle fresque... enfin... longtemps tu t'es caché, longtemps... mais j'ai fini par te retrouver. Greg attrapa l'homme par le bras et commença à le trainer au sol, avançant d'un pas résolu vers l'intérieur des terres. Quelques mètres plus loin, le corps d'Adam, brisé de toutes parts. Greg ralentit quelques secondes, observant le vampire, tremblant, lui jeter un regard suppliant, perdu dans les infinis labyrinthes des effluves de la drogue. Greg tendit la main, doucement. Adam leva douloureusement son bras cassé. Puis en un éclair, Greg planta sa main comme un hachoir au niveau des yeux d'Adam, et d'un geste de recul, lui arraché toute la partie supérieure du crâne.- Désolé cher fils... je n'ai plus le temps. Greg redressa la tête et reprit son chemin, déterminé, le regard droit devant lui. Le regard blanc. Le regard d'un aveugle. |
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